Le cocon (Tableau)

Le cocon (Tableau)

# Posté le samedi 18 mars 2006 07:28

La ruelle

Je suis passé dans cette petite rue
Ce passage qui reliait nos ombres
J'avoue m'y être un peu perdu
Tant désormais il y fait sombre

Je suis devenu l'heure du clocher
Immobile, figée dans son armature
Le temps nous a rongé, fossilisé
L'avenir a happé tous nos murmures

Je me suis souvenu de cette ruelle
Que nous empruntions à cloche-pieds
En acrobates sur le bord de la margelle
Nos ressentiments nous ont fait trébucher

J'ai défilé mes pas jusqu'au petit troquet
Là où nos rires, affublés d'un peu d'alcool
Redonnaient à l'automne des senteurs de juillet
Quand des contes fous jaillissaient de nos paroles

Je suis passé dans cette rue, mais tu l'as oublié
Pour toi les rues sont uniformes, et sans secrets
J'ai bu à nouveau ses parfums d'amours alcoolisés
Je pensais pourtant que je t'y recroiserais

Mais suis-je vraiment venu dans cette ruelle?
Ma mémoire flanche, et je tombe sous le clocher
Pour certaines personnes, aux souvenirs infidèles
L'amitié se résume à un vulgaire jeu de dés


© Iscarian

La ruelle

# Posté le mercredi 15 mars 2006 12:01

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 08:57

Balafres

Les visages sont chauds
Au coeur même de l'hiver
Mais le froid courbe le dos
A ceux qui vivent par terre

Les regards se dévoilent
Puis se cachent aussitôt
Les pensées sont des toiles
Qui éclaboussent la peau

Les baisers immobiles
Se laissent aborder
Et se font moins faciles
Quand l'amour est passé

Il neige dans mes mains
Comme des pleurs gelés
Comme des feux éteints
Que je m'en vais bercer

Dans la rue si blanche
Le sang tâche le ciel
Et le petit qui se penche
Pleure et nous émerveille

Les mots sont inutiles
Pour l'âme qui s'abîme
Car la peur est agile
A nous brûler l'estime

Les rêves devenus noirs
Comme corbeaux maudits
Bientôt nous laissent croire
Qu'est décédée l'envie

Il y'a dans les orages
Toute une pluie versée
Et des versets de rage
Contre la vie passée


© Iscarian

Balafres
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 11 mars 2006 09:40

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 09:00

La moiteur impatiente

Dans le fond de ses yeux réglisse
Le reflet de son âme s'est dilaté
Sa bouche, citron aux entrelacs de lys
Combien j'aimais ses lèvres sucrées

Des ficus se mélangent à ses paumes
Comme les journées sont lentes
Pour se pénétrer de son arôme
Je suis son concubin en dilettante

J'ai bu par gorgées le sang ocre du ciel
Ses seins sont comme deux guillemets
Nos regards de plaines, rumeurs de miel
Et se déchire la nuit qui nous ressemblait

Ma barbe couverte de papillons
Le sang rêveur qu'il faut accompagner
Ses cheveux enduits de saisons
Combien j'aimais les faire valser

Sur le sentier vert d'eau, galets délavés
J'ai vu se figer les salamandres
Comme les amants sont distraits
Lorsque l'amour s'en va pour s'étendre


© Iscarian

La moiteur impatiente
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 10 mars 2006 14:07

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 09:01

Bleu-nuit

Les doigts congestionnés
Le long de la cithare
La perte de la vivacité
Tout autant que la mémoire

Des portes se substituent
Sur le corsage du souvenir
J'ai voulu border l'enfant déchu
Son visage bleu était sans sourire

Les cendres reprennent vie
L'humus du ciel se repose
Les baisers s'oublient
La candeur perd son crayon rose

Je n'arrive plus à épeler
Les soupirs du soleil
Sous l'ombre esseulée
Les corbeaux blancs veillent

Si notre vigueur se désassemble
Que se déchire le drap du désir
J'aveuglerais le futur qui tremble
Réconfortant l'amour qui va mourir

Les yeux se sont fermés
Puis le temps s'est raccourci
Nos spectres se sont effleurés
Dans cette atmosphère bleu-nuit


© Iscarian

Bleu-nuit
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 08 mars 2006 12:40

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 09:02