Regard métisse

Dans l'appartement de mes yeux
La porte est ouverte sur l'humain
J'ai fait sauter le verrou belliqueux
J'apprivoise morceaux de vie et parfums

J'ai mis des grelots à mon esprit
Pour mieux le voir chanter l'amour
Déjà j'entends le futur se redonner vie
De l'autre j'apprends mes contours

J'étais parcouru de cernes de caractères
Mais j'ai pu lire en lui, ce bout de moi
Qui m'était si proche, défait de sa poussière
J'ai fermé le grimoire de brume qui faisait loi

Sa peau, son apparence, sont un autre paysage
Que je peux enfin toucher du bout du coeur
Désormais je saisis l'être au-delà du visage
Nos regards ont écarté le rideau de la peur

Je sais maintenant métisser ma parole
Je prends sa main comme un baiser
Nos différences dès lors s'envolent
Il ne reste plus qu'une race, l'humanité


© Iscarian

Ps : Poème écrit après avoir assisté à une conférence sur l'apport du monde musulman à l'occident. Conférence riche en rencontres, et qui le temps d'un soir, a rejoint des humains, voulant se connaître mieux les uns les autres. Une soirée c'est court, et pourtant, il y'a des soirées comme celle-ci, qui vous restent gravées dans le coeur.
Regard métisse
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# Posté le samedi 01 avril 2006 07:57

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 07:49

Je ne suis qu'homme

Et le mutisme du coeur a résonné
Comme une porte cochère
Giflant le visage de l'amour malmené
Et honte à moi d'avoir été derrière

Je sais que j'ai fait souffrir
Je suis homme de peu de vertu
Faire reculer mon avenir
J'ai honte de voir mes membres à nu

Je rêvais dans mon corridor intérieur
De passions, d'azurs dominant les nuages
Mais j'ai étouffé des regards rieurs
Je suis homme, je suis mirage

Je suis un automate, au sexe idiot
L'amour n'est pour moi qu'un somme
Veuillez pardonner mes futiles mots
Je m'expatrierais de moi, je ne suis qu'homme.


© Iscarian

Je ne suis qu'homme
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# Posté le jeudi 30 mars 2006 15:18

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 08:54

Orange

Comme l'azur qui étend son ondée
Sur les corolles des fleurs fragiles
Les mains palpent le sein de la rosée
Globules d'eau, aux charmilles indociles

Petit globe où fourmille la chaleur
Plaisirs intimes sous les voilures
Crevasses granuleuses, âmes soeurs
Notre bouche est sa sépulture

Longues éclaboussures de soleil
Lagon aux panacées solitaires
Les langues s'entrecroisent au réveil
Et cueillent le ciel enclos dans la terre

D'infinies zébrures parsèment son dos
Du sable s'allaite à sa fine sève
Nos sentiments sont histoires de mots
Chacun aux antipodes de nos rêves

Puis le couteau de la brune équinoxe
Vient désensabler le jus d'ange
Alors les ombres de nos paradoxes
S'effacent contre des gerçures d'orange


© Iscarian

Orange
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# Posté le dimanche 26 mars 2006 13:44

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 08:54

Buée

Le coeur en barbelés
Les tempes qui se cognent
Les lèvres, en sourire acidulé
Le regard qui se sectionne

L'herbe cerise, jeux de lumière
Le sang de pamplemousse
Quand la nuit se souvient d'hier
Rêves parcourus de secousses

Parfums se cachant dessous la peau
Lettres à la cire rouillée de larmes
Enfants perdus dans leurs berceaux
Écho des silences que l'on désarme

Les fontaines au ventre blessé
Fenêtres aux carreaux imaginaires
Jours de pluie, silhouettes de buée
Miroirs déformant les caractères

Les fissures qui bordent le sommeil
Les plis du front en rigoles d'aurores
Allées où s'acheminent baies de groseilles
Souvenirs de peaux aux désirs carnivores


© Iscarian

Buée
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# Posté le dimanche 26 mars 2006 08:36

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 08:55

De l'autre côté du miroir

Mon visage scrutait la face lisse
Je ne voyais que mon petit être
Quel sentiment de Narcisse
Cette folle envie de réapparaître

En ondines troubles sur le verre
Je recherchais quelque chose
Dans le vide toujours l'on espère
Que se forme une vie en prose

Ma silhouette devenait à présent floue
Je croyais entrevoir une apparition
Je pensais devenir aveugle ou fou
Un étrange parfum brouillait ma vision

Puis il y eut comme un profond écho
Qui s'éparpilla sur la surface muette
Je vis sa bouche, la racine de ses mots
Rainures des larmes les plus secrètes

Mes lèvres sont devenues enfants du miroir
Mon regard s'est fondu dans ce fragile corps
J'ai navigué sur mon reflet, au grain dérisoire
Mon teint avait l'aspect du sable qui s'endort

Elle était là, qui depuis toujours me scrutait
Cette part de moi, qu'avant je ne pouvais voir
Mon entité féminine, qui m'ouvrait son secret
Et m'offrait sa bouche, de l'autre côté du miroir


© Iscarian

De l'autre côté du miroir

# Posté le samedi 18 mars 2006 18:23

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 08:55