Je piétine les rues, je cherche des yeux
Le sang céleste qui vivra au fond de mon sommeil
Quand la vie se déhanche devant moi
Avec ses seins en larmes, ses paumes en sourires
J'apprends les caresses qu'il faut lui donner
J'ai visité un peu les abysses violets de la destruction
Maintenant je veux savourer les instants éphémères
Je veux épauler mon rire, lui donner de l'ampleur
Le jour, quand les rues sont blanches de monde
Je jette les dés, et je suis le tracé qui me convient
Peu m'importe que ma bouche ait le goût du citron
Des fois, on écrit sans avoir quelque chose à dire
Seulement un état de fait, aujourd'hui je suis bien
Je n'ai pas envie de tourmenter mes pauvres petits mots
Et puis quand la brume reviendra floconner sur mes vers
Ma plume sera présente, prête à flâner dans les ténèbres
Je ne sais pas qui je suis, et je m'en moque, je vis.
© Iscarian




