Dans les contre-jours où ils nous habillent
Empreints des mots corsés de nos langues sombres
Quand le matin éponge nos lèvres qui scintillent
Miroirs blancs et fripés de nos ardents caractères
Quand sous nos ébats ils trébuchent au pied du lit
Ceux-là même qui espionnaient notre passion sectaire
Flirtant avec la salive de nos peaux en filigranes de nuit
Nuages fous, lave rampante, désirs accrus
Qui font les matins tièdes de nos entrelacs intimes
Les doigts en bougies sous leur flanelle nue
Et tombe le tissu de neige au pied de nos cimes
Corolles empourprées sous le sang qui tressaille
De nos enjambées nocturnes au creux de l'azur
Givre déchu qui brûle de nos caresses en braille
Lorsque nos silhouettes s'en vont soulever sa tenture
Cocons d'amour, où les baisers nous ont vus naître
Descendent à présent pour mieux nous découvrir
L'un à l'autre, avec pour seul et unique paraître
Que nos bouches unies vers le diapason du plaisir
© Iscarian



