Alors l'index se détache des autres doigts, le doigt qui pointe va pouvoir agir sur ce qui entraîne la fatigue mentale de son propriétaire.
D'une fine poussée, il referme le magazine qui voulait lui enfoncer toute sa consensuelle rhétorique dans la tête. Ce même membre appuie ensuite sur l'interrupteur d'arrêt de la télévision et de la radio.
Un grand OFF apaisant prend place dans le monde intérieur de l'individu. Le silence se fait, mais au-dehors persistent encore les bruits stridents de la ville qui ingurgite et régurgite la personne dans la même action où celui-ci l'a créée. Maintenant les jambes entrent en action, le mouvement peut prendre corps. L'être quitte le fantôme désincarné de cette grande araignée bouffie, empêtrée dans les ténèbres de ses fils.
Il parcourt désormais une forêt, puis des champs. La main de l'Homme a été aussi posée ici, mais qu'importe ? Il peut s'en éloigner un peu. Alors le corps s'allonge dans l'herbe humide et fraîche. Les yeux regardent le ciel et se perdent dans les vagues de celui-ci. Le cerveau s'accorde une pause. Il met sur OFF tout ce que la société lui inflige à longueur de journée. Les lèvres s'arc-boutent dans un sourire. L'être se sent bien. En accord avec lui et le monde qui l'environne désormais. Il cesse de vouloir toujours penser chaque chose et tout conceptualiser. Il revient se placer en lui-même comme après un long voyage.
POUR ÊTRE ENFIN.
Photo prise en Suisse italienne.
© Iscarian
