Le langage des yeux

Il existe un monde derrière les yeux
Lorsque l'orage prend naissance
Aux perles de rosée du lotus
Le jasmin embaume les lèvres

Les plages au sable vert-de-gris
Sur lesquelles la mer appose son sein
Son écume florale aux mosaïques inattendues
Toujours reviendra l'écho aux veines du marin

Les sourires plissés de sanglots contenus
Lorsque la souffrance déporte les rires
Les jours feutrés dans le ventre des nuits
Sang dans l'opacité, paupières opiacées

Les enfants aux bulles d'innocence
Comme des colombes sur les marelles
Pieds nus s'en vont courir sur l'eau
La tête pleine de rêves, leur ange à la main

Les visages de papyrus, charmilles de sagesse
Ne voulant pas gêner, attendant l'heure
Le corps usé par la vie, le coeur voûté
Murmurant de discrets baisers avant les adieux

Il existe tout un univers derrière les yeux
Un yin et un yang de l'âme des gens
Tantôt ensoleillé, tantôt pluvieux
Un monde secret, un miroir vivant


© Iscarian

Le langage des yeux

# Posté le samedi 08 juillet 2006 22:27

Modifié le samedi 20 octobre 2007 10:58

Les yeux ouverts (Pour Ruddy)

"Quand vous offrez votre âme au Diable, au moins ce n'est pas pour un CPE."

Je voulais m'insérer dans la société
Leur prouver que je suis pas le dernier
J'ai vu les inégalités autour de moi
On m'avait dit, le paradis est là

Je savais pas que ce paradis décidément
Aurait un goût de discours bien-pensants
Toutes ces polies tiques qui vous sucent la moelle
C'est le dégoût qui s'insinue dans mon ciel

Je me suis levé tôt ce matin, pris mon café
J'ai bu un p'tit cocktail molotov pour accompagner
J'ai mis la télé pour m'entendre dire
Que je ne suis de nulle part, où ont-ils mis mon avenir ?

Moi je demandais pas grand chose, un peu d'espoir
Je suis devenu un esprit libre, j'aime que le drapeau noir
Et tant pis si mes rêves se brisent sous leurs postillons
Moi je serais derrière eux pour leur creuser un caveau fait maison

Je veux plus m'insérer dans cette putain de société
J'ai rien à leur prouver, j'emmerde leur fausse liberté
Ils se cassent la gueule sur leur propre rhétorique
Elles rongent la France, ces polies tiques

Quand tout s'effondrera comme un château de carte
Je serais là pour voir le ciel rouge et noir
Et avec mes amis et nos épingles à nourrice
Comme on n'a pas vraiment eu de mères ni de patries
On ira dire bonjour à l'ami Lucifer


© Iscarian


Ps:C'est Ruddy, sur la photo.
Les yeux ouverts (Pour Ruddy)

# Posté le mardi 04 juillet 2006 12:35

Modifié le samedi 20 octobre 2007 10:59

Toi et moi

Faisons tinter nos regards
Sur les gouttes polychromes de la pluie
Étendons nos bras jusqu'au ciel
Car il commence à partir de nous

Dans nos recoins d'ombre
Que nos rosées intimes font luire
Les buées crépusculaires
Qui s'animent sous nos chuchotements

Les nuits nous ont bercés dans leurs draps
Les jours ont recueilli la fièvre de nos ébats
Les volets de nos âmes ont claqués au vent
Nous avons tissés nos corps du même fil

Au sein du dahlia, d'un bleu pourpre
A faire rougir tous les saints
Nous avons bravés des temps incertains
Enlacés dans le cocon des ciels d'été

Les nuages ont égouttés le lait des frissons
Et nous savons que de nos bouches
S'écoule le suc de la passion
L'univers est désormais notre couche

Je murmure des mots
Au creux de tes lèvres
Ton sourire est mon pinceau
Pour explorer la douceur

Pendons nos bras au ciel
Car c'est là qu'il commence
Aux extrémités de nos doigts
Rien que pour toi et moi


© Iscarian

Ps: Poème écrit pour Charlotte.
Toi et moi

# Posté le mardi 06 juin 2006 23:17

Modifié le samedi 20 octobre 2007 11:31

Tatouer le silence

Au loin le vent appelle
Des rires se perdent dans les allées
Les visages comme des cendres
Sur le miroir des fêlures

Hanter le sommeil de la nuit
Les rues comme des veines grisâtres
Le sang bourgeonne à la chute des lèvres
Les doigts qui cambrent leurs secrets

S'évanouir dans les tièdes murmures
Brunes exhalaisons des fenêtres de l'enfance
Les yeux comme de timides persiennes
Et coule le rimmel des insomnies

Dans les grains ocres des touchers
Se taire enfin, jouir de l'évaporation
Dos parsemés de gouttes éphémères
Salives d'encre jouant à cache-cache

Se glisser derrière l'ombre des mots
Quand la voix préfère ne rien dire
De peur d'écorcher le silence
La rosée calligraphique dénoue le coeur

Lorsque les baisers sont migrateurs
Que les peaux s'allongent en sourires
Les paumes s'habillent de sueurs
Les bouches apprennent à se lire


© Iscarian

Tatouer le silence
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# Posté le dimanche 04 juin 2006 09:41

Modifié le samedi 20 octobre 2007 11:31

Papi-llon

De ta chrysalide, tu es sortie
Pour me redonner le sourire
Morceaux de ciel dans ma vie
Embruns de menthe et d'avenir

Sur les galets résonnent les univers
Dans lesquels tu me plonges
Au creux de tous les mystères
Repose la fragilité de tes songes

Ton visage en filigrane sur le couchant
Tes paumes qui effleurent le silence
Atmosphères bleutées de baisers de vent
Je lis dans ta voix les cris qui s'élancent

Ta peau qui se cisèle sur mon regard
Tes cheveux en runes contre mon sang
Dans les lettres du sable en fins miroirs
Sur l'aube, un murmure nous attend

Les dunes qui recueillent nos envolées
Bruissent nos ailes au duvet d'encre vermillon
Forment un arc-en-ciel sur la pluie du passé
Et je devine en toi la beauté du papillon


© Iscarian

Ps: Pour Charlotte.
Papi-llon

# Posté le jeudi 01 juin 2006 06:31

Modifié le samedi 20 octobre 2007 11:32